14/04/2006

Lourd lourd lourd, la grosse artillerie

J'ai froid.

Je ne me souviens plus comment on s'est tous retrouvé dehors, à disserter sous le timide soleil d'avril. Tous ces gens m'ennuient, leurs conversations polies, convenues, lissées... Je rentre, espérant enclencher le mouvement.

Raté.

 

J'enlève me veste et continue à suivre les débats devenus muets, les mimiques, la grande comédie humaine, à travers la vitre. Je suis seule dedans et me sens un peu protégée, privilégiée.

 

J'observe l'HDB. Mon coeur se serre toujours lorsqu'il est à distance sensitive, je l'avoue. Tant d'amour, tant d'obstacles, tant de gâchis... J'aime l'idée de l'épier ainsi, sans qu'il me voie, de retrouver ses gestes, ses regards...

 

"Moi, j'habite pas loin d'ici, moi".

 

Hein ??? Oooh, cette voix nasillarde qui me tire brutalement de ma rêverie...

Je lance un "Ah ?" peu encourageant. Mais à coeur vaillant, rien d'impossible. Il répète. C'est pas que je n'aie pas compris : c'est que je m'en fous. Inutile de vociférer.

 

Mon silence ne le désarme pas, il enchaîne. Description détaillée de la maison avec évaluation notariale, idem avec sa propriété au soleil.

Au secours !

 

L'HDB, au loin, semble dégager plus de charme qu'il y a 3 minutes. C'est sans doute ce qu'on appelle la valeur relative. Je réfreine l'envie de prendre ma veste pour resortir et l'écoute distraitement m'effectuer le relevé de ses biens.

 

Puis il me parle de sa femme. De sa maladie. Que ça fait un an qu'elle ne veut plus rien faire, qu'il en a marre.

Vive les couples ! Je suis attérée. Je lui souligne qu'on est mariés pour le meilleur et pour le pire.

Il se plaint que, tout de même , faut pas exagérer, que, de toute façon, elle lui a dit que s'il n'était pas content, il n'avait qu'à s'en trouver une autre et partir.

 

Je n'aime pas du tout son regard sur moi quand il dit ça...

 

Il poursuit : il a connu quelqu'un. Mais elle n'en avait qu'à son pognon et rien d'autre.

 

Ca l'étonne ? Je ne le connais que de vue, et tout ce qu'il a trouvé à me dire en guise de présentation c'est à combien s'élevait sa fortune immobilière. Je ne lui ferait pas remarquer que s'il veut éviter cela il devrait peut-être modifier sa façon d'aborder les femmes. Je crains qu'il ne comprenne pas...

 

Je me contente de lui suggérer de soutenir sa femme au moins jusqu'à la guérison, avant de partir. Il me rétorque que quand lui a été souffrant, elle ne lui rendait qu'une visite hospitalière hebdomadaire de 5 minutes et qu'il ne l'oublie pas.

 

Je ne sais que répondre. Tant de souffrances, de mesquinerie et de non-dits dans tant de couples... C'est drôle. J'ai mois froid. Ma solitude me paraît bien moins pesante, tout à coup...

09:11 Écrit par La F | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Ce qu'il faut retenir... Ne pas observer en cachette cachée l'HDB plus de trois minutes sous peine de lui trouver bcp trop de charme. Ca chamboule, je crois savoir, t'inquiète.
Mais je sais aussi que même si la cachette n'est pas cachette et que si cachette il n'y a, ça ne changera rien, je sais.
Il faut aussi se consoler... On est en 'bonne santé' et on n'a pas de mec.
Ce n'est donc pas de nous dont l'on parle de la sorte.
Rutabi est passée, donc. Pour la note positive!!!
C'est parce que c'est le matin.
Ca ira mieux ce soir.
T'embrasse.

Écrit par : rutabi | 14/04/2006

*.*.* Youyouille, les joies de la vie de couple, je connais et j'ai donné, merci... N'ai plus de meuf non plus, et c'est très bien comme ça...

Écrit par : Wineblood | 14/04/2006

... Amen et le compte est bon. Vachement bon, même.

Écrit par : F. | 17/04/2006

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