30/11/2005

Expériences théâtralesques, ou c’est normal, si je comprends rien ?

Ptit Frère m’a proposé de prendre avec lui un abonnement au théâtre. Comme au bon vieux temps, quand on était jeunes et beaux.

 

J’accepte, la larme à l’œil à l’idée de retrouver des émotions partagées avec lui au début de notre (déjà vieille, oufti) amitié.

 

La première expérience a calmé d’emblée tout mon bel enthousiasme naïf.

 

Tirée d’un texte d’Ovide, la pièce devait, à mon sens, nous conter une histoire.

J’avais pourtant eu à l’unif’ des cours de théâtre où on nous a expliqués des tas d’expériences diverses et variées où y’a pas de paroles, où les acteurs poussent des cris durant 2h, etc. J’aurais donc dû me méfier.

 

Pas de décor. Bon. Juste quelques accessoires et, de temps à autre, un drap qui se déroule avec, dessus, des phrases tronçonnées en plusieurs langues dont je ne pige pas même les morceaux en français.

Pas de costumes. Tous en noir avec une veste en plastique blanc translucide.

Pas de texte. Des chants tronçonnés en langues diverses aussi.

 

Je retiens mes commentaires pour éviter que mon Ptit Frère ne pouffe et se fasse réprimander par l’assemblée.

C’est dur.

Au bout d’une demi heure, j’en peux plus. Je tente une remarque, il est mort de rire (en silence, ouf !) Abi la fin.

 

Je passe le reste de la représentation dans une réflexion sur le fait que, peut-être, on ne nous a pas inculqué les clés culturello-intellectuelles nécessaires à la compréhension de ce genre de spectacle, que c’est une question de milieu.

Ou que des gens un peu pétés du cerveau qui se présentent comme de grands artistes incompris du commun des mortels arrivent à vendre à des nantis en quête de différenciation sociale de véritables merdes qui leur font crier au génie.

Quand la lumière se fait, je jette un rapide coup d’œil autour de moi pour voir si les Capitalistes ont été mieux à même d’apprécier la représentation à se juste valeur et leur air dubitatif me rassure…

 

Le second spectacle, lui, partait perdant, avec l’annonce de 4h de représentation.

Aaaaaaaaaaargh !

C’était beau. Mais lent…

Mais beau.

Vraiment.

Mise en scène spéciale mais sympa, acteurs d’une grande qualité de jeu et émotions fortes.

Mais 4h, c’est vraiment trop long…

C’est bête, je ne saurais jamais comment ça finit.

 

Pour le 3e, Ptit Frère a déclaré forfait. Il l’avait déjà vu et m’a trouvé une sympatique remplaçante, compagne de fortune ou d’infortune…

Alors ?

Ptit Frère a dit « C’est magnifique mais j’ai rien compris ».

Moi, ce que je ne comprenais pas, c’est comment on pouvait trouver magnifique quelque chose qu’on ne comprenait pas…

Pourtant, quand on est sorties, on s’est exclamées : « c’est magnifique, mais j’ai rien compris ! »

09:52 Écrit par La F | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

Commentaires

*** j'ai eu une expérience similaire il y a quelques années avec un ballet dit moderne... je suis sortie de là en ne sachant quoi en penser... en voyant les autres s'extasier sur le dit ballet, je me suis dit que je ne devais pas avoir cette fibre artistique-là ! :-D

Écrit par : Sweeety | 30/11/2005

;-))

Écrit par : Moonshine | 30/11/2005

... j'ai vu l'art d'aimer tirer d'ovide y'a 1-2mois...c'est spécial...spécial oui...

Écrit par : house_in_the_clouds | 01/12/2005

Magnifique ? Je ne vais jamais au théatre (honte sur moi ?).
Mais j'ai trouvé certains films magnifiques sans les avoir compris la 1ere fois (Ghost in the shell)... ou meme sans les avoir jamais vraiment compris du tout (Lost high way, Mulholland Drive).
Est-ce si incompatible ?

Amitiés.

Écrit par : eric | 01/12/2005

Tu sais que je t'adore, toi ?

Écrit par : Cri | 01/12/2005

:))) Je t'embauche comme critique théâtrale ;)))

Écrit par : Ubu | 03/12/2005

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