18/11/2005

Et ils vécurent heureux

 

Déjà, arriver seule, ça m’énerve.

Non que je n’aie l’habitude, hélas, ça fait 3 ans passés que je la joue en solo, mais c’est à chaque fois la même épreuve du regard des autres.

Je franchis la porte et, effectivement, y a que des couples.

Je me sens vraiment extraterrestre.

L’apéro durera une heure, durant laquelle cinq personnes me demanderont « et toi, c’est pour quand ??? » et où on fera des photos de groupes où d’aucuns, compatissants, me prendront – délicatement – par la taille pour que je reste pas seule sur la photo et que j’y sois, moi aussi.

Je veux rentrer chez moi.

 

On prend place à table pour le buffet dessert.

Ici aussi, je suis la seule seule. Z’auraient au moins pu penser à mettre plusieurs célibataires ensemble pour qu’on fasse connaissance… (Hein ? C’est le type, là, l’autre seul célibataire ??? Heu, vais rester assise ici, moâ, finalement…)

Je veux rentrer chez moi.

Je m’assied face à la salle pour qu’au moins je puisse observer les gens, activité hautement appréciée-de-moâ. Les tables sont rondes : au moins n’ai-je pas hérité de la place du bout, rajoutée, entre le bar et les toilettes…

L’entrée fracassante dans la salle du buffet dessert par les portes battantes situées juste derrière moi m’amènent, alors que j’évite de justesse une glissade-sur-table-jusqu’au-milieu-de-la-salle digne de Marie-Pierre Casey, à nuancer le propos précédent.

Je veux rentrer chez moi.

 

Je change d’avis à la vue du buffet et de ses myriades de merveilles chocolatées. Vais aller faire un tour en cuisine, histoire de voir la tête du Chef et son état civil !!! Raaaaaaaaaaaah, qué jouissance (oups ?!) !

Le DJ est en forme et nous fait entrer direk dans le vif du sujet avec un jeu musical à la con où il faut se lever, s’asseoir, etc. Merde : qu’on me laisse terminer mes profiteroles en paix, didju !!! Il enchaîne avec les farandoles.

J’échappe, au terme d’un combat sans merci, aux griffes de la Mariée qui a décidé que tout le monde devait s’amuser ce soir. Oui, mais pas sur A la Queue Leu Leu ni sur On fait tourner les Serviettes, nooooooooooooon, c’est au-dessus de mes forces.

Je veux rentrer chez moi.

 

A Viens danser de Gilbert Montagné succèdent trois titres de Franck Mickael et je me prends à envier les malentendants. Envie brutale et incontrôlable de Nirvana, Muse et Oasis. C’est pas mon mariage, mais apparemment c’est ma fête !

Je veux rentrer chez moi.

 

Heureusement, le vin est bon…

 

Le DJ est manifestement un Champion du Monde : s’il est passé à un registre un peu moins ringard, il ne prend aucun risque et se cantonne dans le haut commercial. Là où j’ai vraiment envie de monter sur son estrade pour lui botter le cul, c’est quand il voit que plus personne n’est sur la piste et qu’il s’obstine à laisser courir le morceau jusqu’au bout. Pire : il enchaîne avec un autre single du même registre. Qué Bouffon !!

Entraînée par les autres, je finis par rallier la piste. Même U2 passe en version remixée techno-à-deux-balles et on a droit au single de Crazy Frog. J’hallucine. Il me faut plus de vin. Et ici, c’est blindé de collègues, j’ose pas bouger. Je danse comme un robot. Je vois que les autres font pareil, mais pas exprès. Arf !

Je veux rentrer chez moi.

 

Mais bon, vu que l’assemblée est composée quasi exclusivement de collègues (mince : les mariés n’auraient-ils donc pas d’amis ???), ils sont venus faire bonne figure mais ne s’éternisent pas. On va enfin pouvoir mettre le feu, ici ! Reste la table de mon service, arf, pas étonnant qu’on soit considérés comme des parias, on a vraiment pas la même mentalité que les autres ! Je me lâche enfin et danse de bon cœur. Il était temps : je rouillais dans mon coin ! Mon déhanché me vaudra les compliments de la psy et une mention spéciale pour ma bien-dans-ma-peau-attitude. Ca me fait sourire. Les deux paires d’yeux exorbités de deux autres collègues que je connais peu, moins. Je sens qu’on va encore me tailler un short à ma mesure dès lundi matin.

Ca me démange d’en remettre une couche…

10:45 Écrit par La F | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Ca tache ! J'aime quand ca saigne et que tout le monde déguste (sauf quand c'est moi, je suis mauvais joueur).
J'adore ce genre de chroniques, c'est si croustillant.
J'en redemande (meme si je n'ai aucun droit).

Écrit par : eric | 20/11/2005

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