10/06/2005

A Ostende, j’aime Gibraltar

 

Ca fait longtemps que j’en avais envie, de temps en temps, là, comme ça… Mais on est si ancré dans notre petite vie que l’on raie inconsciemment de notre esprit les choses dont on rêve et, au demeurant, pourtant accessibles…

 

Il faisait trop beau, hier. Trop beau pour travailler.

Alors je l’ai voulu, je l’ai fait.

 

A midi, j’ai sonné à mon Chef de là-bas en demandant si ça l’embêtait que je prenne mon après-midi et hop, direction la plage !

 

Les deux heures de trajet m’ont paru trop courtes, avec Romain Didier et ses mots qui, toujours, pansent mes plaies… pensent mes plaies… Mélodies mélancoliques qui me réchauffent le coeur.

 

Je me gare sans encombre, prends le chemin de la digue par l’odeur des embruns alléchée et trouve facilement un coin de sable où poser ma serviette bariolée, sur cette grande plage quasi déserte.

 

La côte en cette période appartient au 3e âge frileux à parka aux couleurs improbables et allergique à toute matière susceptible de s’introduire dans ses Méphisto. S’y croisent aussi des couples aux femmes très enceintes en arrêt maladie dont la plupart se fendent de gestes de tendresse mécanique et dont bien peu se regardent encore…silences et regards perdus chacun dans sa vague… leurs yeux sans sourire ne me rassurent pas sur la vie en couple…

 

Mais je suis là pour prendre du bon temps, alors je laisse rapidement ses solitaires-à-deux pour leur préférer ce couple de lesbiennes taillées comme des camionneurs en monokini rose fluo et les regards en biais des troisième-âgeux quand leur femme guette une place en terrasse…

 

J’aime regarder les gens.

Se croisent aussi des étudiants en goguette venus respirer à plein poumons l’air du large entre deux examens. Le poids de leur avenir sur les épaules – en sont-ils tous conscients ? – se fait plus léger à pieds nus dans le sable.

 

Quelques autres solitaires ont, semble-t-il, cédé à la même pulsion que moi.

 

J’abandonne la scène extérieure pour mon plonger à loisir dans Marc Lévy dont les histoires d’anges et démons m’absorbent tout entière.

 

Las, le vent se fait plus frais et me rappelle à l’ordre : il faut rentrer, demain, plus d’école buissonnière possible !

 

Je garderai précieusement cette parenthèse littorale au fond de mon coeur et me jure bien de recommencer. M'écouter davantage. Bonne résolution n°1.

 

 


10:51 Écrit par La F | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

Commentaires

... La fée sur les pas d'Harpman et de Marvin Gaye.
Tu es au moins aller sur la superbe estacade ?

Écrit par : HL | 10/06/2005

*** Ca, c'est le genre d'envies qui me prend très souvent mais auxquelles je ne cède jamais... c'est dommage, je devrai !
Bisous

Écrit par : Sweeety | 10/06/2005

... Ah si tu recommences, je viens avec toi, na!

Écrit par : Oli | 10/06/2005

je viens aussi mais pas avec Marc levy, je l'ai déjà lu! :D

Bisous

Écrit par : nancy | 10/06/2005

Déjà fait, déjà lu! Mais jamais aussi bien relaté que tu ne l'as fait ici...
Rhooooooo, ces situations que tu décris si bien...
J'envie!

Bisous!!!

Écrit par : rutabi | 10/06/2005

Vieilles méduses. Chère Carambole,
J'ai de la chance de ne pas être allé à Oostende car tu ne m'aurais pas raté: le couple de petits vieux n'aurait pas échappé à ta vigilance!
Mais je sais que les aînés ne doivent pas trop se montrer, des fois que leur âge serait contagieux!
Je plaisante, mais je n'aime quand même pas m'exhiber avec mon gros ventre sur les plages, sachant que je n'ai plus l'âge de plaire.
Amitiés.

Écrit par : Armand | 10/06/2005

Colayne Vilaineuuuuuuuuuuuuuuuuuu
Me faire ça à moi....

Écrit par : Colayne | 12/06/2005

tsss tsss Marc Levy, voyons la Fée...

Écrit par : Barbatruc | 14/06/2005

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