26/04/2005

Papy boom

Assise à côté du Chef de là-bas, en réunion au sommet, je regarde s’agiter le Vieux avec des effets de manche ponctuant ses grandes phrases vides de sens.

Comme si j’étais ailleurs, au-dessus, un peu étrangère à la scène.

 

Et je m’interroge : les jeunes cons donnent-ils des vieux cons, en prenant de l’âge ?

 

Le Vieux, je ne l’ai pas connu jeune, alors je ne peux pas dire.

Mais quand même. Je souhaite en mon for intérieur que ce soit inné parce que sinon, je vivrais jusqu’à mon dernier soupir dans la peur d’attraper le virus de la bêtise humaine !!!

 

Déjà, il a bousillé tout mon-beau-travail-de-moi il y a un mois. Sans un mot d’explication, sans un mot tout court. C’est le Grand Chef du projet, le Vieux. C’est lui qui décide.

Sauf que, déjà, humainement, ça n’est pas très correct, cette façon de faire.

Et que professionnellement, ça l’fait pas du tout non plus : quand on désosse un truc en faisant fi du fil conducteur, on en tue l’essence. Pire, quand on ajoute des éléments pas justes parce qu’on n’est-pas-au-courant-mais-qu’on-croit-qu’on-sait, c’est une faute. J’ajouterais que quand on pique les bonnes idées pour les réintroduire dans le système d’une autre manière, c’est du vol de cerveau. Enfin, quand on le refait et que c’est moins bien qu’à l’origine, si c’était pas mon-beau-travail-de-moi, je serais morte de rire…

 

Je ne médis pas, je constate.

 

Moi d’abord, parce que je connais quand même mon métier – ok, a fortiori lui aussi, mais apparemment, il est plus habitué à diriger qu’à réaliser, mouarf, il a vachement perdu la main – et que je suis capable de comparer objectivement les deux résultats. Puis tous mes collègues et mon Chef de là-bas aussi, ils ont dit qu’ils préféraient mon-beau-travail-de-moi (sauf ma collègue Sucrée-salée mais elle, elle ne me fait plus jamais un compliment, alors…)

 

Au lieu d’attaquer le Vieux en frontal, vu qu’il n’avait pas daigné se fendre d’une explication, j’ai sournoisement renvoyé une liste de toutes ses erreurs orthographiques et autres à notre intermédiaire. Cinq pages, quand même, mouarf ! Un méga-pied… Mais la Chef de l’intermédiaire n’étant pas là, cette dernière n’a pas vraiment osé prendre d’initiative. Z’ont quand même remodifié des trucs… en refaisant des fautes dedans ! Hilare, je suis !

 

N’empêche. J’avais drôlement envie de lui dire ma façon de penser, au Vieux. Ce que le Chef de là-bas m’a interdit anticipativement. C’est qu’il me connaît, le Chef de là-bas… « On va lui remettre les choses au point, mais on ne va quand même pas lui dire que ce que tu as fait était meilleur… » Et pourquoi pas ??? C’est vrai, non, à la fin ? Bah, le Chef de là-bas n’aura l’occasion de rien. L’autre attaque direk’ sur l’apparence du bazar, part dans son styling-trip et nous saoûle avec ses grandes théories sur le sujet. Le Chef de là-bas, finaud, rebondit pour lui expliquer que la cause du problème se trouve dans les modif’s qu’il a apportées mais il n’a pas le temps d’expliciter son point de vue que le Vieux a déjà balayé ses propos d’un revers de la main.

 

C’est qu’il est sûr de lui, le Vieux.

 

Tout ce qu’on n’aime pas parce que c’est moche, lourd ou dépassé, c’est précisément ce qu’il considère comme essentiel. Je ne peux réprimer un sourire. Putain, ce qu’il est devenu has-been ! Je ne veux pas finir comme ça… J’ai peur… (ndlr : qu’on me foute à la retraite dès que je commence à déconner, d’avance, merci)

 

Il sortira de la réunion ravi, le Vieux : il a trouvé un moyen pour en taper encore moins lourd qu’avant. Et hop, emballé c’est pesé ! Il aurait tort, personne n’a rien dit…

Comme pour le nouveau Vieux en blanc, je compte les jours qui me séparent de la libération.

 


15:38 Écrit par La F | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

... Ah.... les joies du monde du travail...

Écrit par : marco | 27/04/2005

Vieux con Une fois, je discutais avec une personne qui s'occupait de petits vieux, un vieux faisait vraiment ch... le monde.
Je lui ai demandé si elle constatait que plus on devenait vieux plus on était aigri.
Elle m'a répondu que le vieux chiant, c'est quelqu'un qui déjà plus jeune était chiant.
Un type sympathique, quand il veillit reste plus ou moins sympathique...
Voilà une petite marque d'espoir, non ?

Écrit par : Cityzen | 27/04/2005

Le vieux con parle! Chère Fée,
Les vieux qui deviennent désagréables, sont les aigris qui ont "raté" leur vie... et s'en rendent compte!
Les vieux qui sont sereins et calmes (ça aussi, ça compte) sont ceux qui ne regrettent rien. En effet, personne n'aime avouer ses erreurs et devoir se dire qu'il est pauvre parce qu'il a dilapidé son salaire ou qu'il a laissé passé sa chance en amour. Ca rend maussade...
Il faut aussi être tolerant et c'est difficile car les mentalités changent... parfois! ;) ;)
Amitiés.

Écrit par : Armand | 27/04/2005

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